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REGISTRES DU BUREAU
[i553]
CCXLIII. — Roolle envoyé par le Roy
[DES RASTIMENS] QUI NE SONT COMPRINS AUX ROOLLES DES QUARTENIERS POUR LA FORTIKFICATION W.
17 avril 1553 (A Fol. 5i v°; B Fol. i3or°.)<
Le Palais.
Le Louvre.
La maison de Bourbon '3).
Les Tournelles(4'.
La Bastille.
L'hostel de Nesle t5'.
Le Grant Chastelet.
L'Arsenal W.
Les quatre Ordres mendians'7'.
L'Ave Maria(s'.
W Les mots enfermés entre crochets comblent une lacune évidente du texte, ll convient de rapprocher de cette rubrique les deux derniers paragraphes de l'article ci-dessus CCXXIX ct la note 3 qui leur sert de commentaire. — Le Registre B porte simplement : Roolle da Roy. c
(2) L'importance de ce document est considérable, non seulement au pointde vue fiscal et économique, mais encore au point de vue topographique. D'une part, en effet, il donne la nomenclature des immeubles de Paris exempts de la taille et des impôts ordi­naires, que les Quarteniers ne comprenaient pas dans leurs rôles d'estimation et de répartition, mais qui celte fois, par un comman­dement exprès du Roi, durent enlrer en ligne de compte sans exception aucune. Les termes des lettres-patentes du 18 janvier 1553 (ci-dessus art. CLXI) sont formels à cet égard. Confirmées à diverses reprises par les Ordonnances, Mandements et Délibérations des 25 janvier-art. CLX1I1, 3i janvier-art. CLXX1II, et surtout du 4 février-art. CLXXVII p. 113, et i3 février-art. CLXXV1 p. 118, ces lettres provoquèrent la confection d'un rôle spécial "pour la fortiffications, en dehors de ceux qu'avaient dressés les Quarteniers dans l'exercice légal de leur charge. L'étendue de ce Rôle démontre l'importance et le nombre des fiefs existant à Paris au milieu du xvi0 siècle, sans distinguer d'ailleurs entre les immunités d'origine et les exceptions personnelles, entre la noblesse de nom et d'armes et les privilèges dejudicature ou de cléricature.
Quant au point de vue topographique, ce document est le plus complet et le plus intéressant que les Registres aient encore pré­senté. Nous nous sommes efforcé de déterminer, avec l'identification des personnages, la situation des édifices par eux habités ou pos­sédés, exception faite des monuments qui existent encore (Palais, Louvre) et de ceux dont l'emplacement est suffisamment indiqué par leur nom même (Bastille, Châtelet), en nous aidant, pour cette partie de notre tâche, des notes inédites de feu Berty. — Pour ce qui concerne les Prélats que le "Rôle» ne désigne que par leur litre épiscopal, nous donnons leur nom patronymique, en vue de faciliter l'attribution de leurs résidences ou hôtels respectifs.
W "La maison de Bourbon» : cet hôtel, confisqué sur le Connétable par arrêt du 27 juillet 1527, -''•ù- en partie ruiné à la date de notre document. Ce vaste édifice, élevé au commencement du xive siècle, s'étendait entre le quai de l'Ecole, les fossés de Saint-Germain-!'Auxerrois et le vieux Louvre (Topographie historique da vieux Paris, 1.1, p. 33 et suiv.); la place actuelle du Louvre s'étend sur la majeure partie de l'emplacement de l'hôtel du Connétable.
W «Les Tournelles" : ce palais était sis rue Saint-Antoine, dans la partie la plus rapprochée de la Bastille, faisant face à l'hôtel royal de Saint-Paul. La rue des Tournelles détermine suffisamment la situation de ce vaste ensemble d'édifices qui embrassait tout le terrain compris entre la rue Saint-Antoine et la place Royale, et les rues Saint-Gilles et du Parc-Royal. Ce palais fut abandonné après le tournoi dans lequel Henri II reçut le coup mortel; il fut aliéné par édit du 28 janvier 1564, puis démoli.
(-) «L'hostel de Nesle" : sur une partie de son emplacement fut élevé au xvii0 siècle le Collège des Quatre-Nations, devenu le palais de l'Institut (Topographie historique du vieux Paris, t. V, p. 37 et suiv.).
(-) «L'Arsenal» : magasin destiné à la fonte et au dépôt de l'artillerie, était situé derrière le couvent des Célestins (voir ci-dessous page i5o note 1); il se composait de deux granges et d'un logement pour le garde d'artillerie. Ces bâtiments, qui appartenaient à la Ville, furent prêtés successivement par elle à François I", qui ne les restitua jamais, malgré les assurances formelles données en son nom au Bureau par le seigneur de Villeroy, sa la charge de réservation du lieu en icelle grandie pour la garde de l'artillerie de ladicte Ville, et de rendre à icelle Ville ladicte granche» (Lettres missives du Roi et Délibération du Bureau en date des 15 et 21 juillet i533, dans le Volume ll de cette Série, p. 166-167).
<" -Les quatre Ordres mendians" : sous ce nom générique étaient comprises les nombreuses maisons, d'appellation et de discipline diverses, qui so rangeaient sous les quatre chefs suivants : Augustins, Carmes, Dominicains et Franciscains. Le détail de ces commu­nautés, vulgairement connues sous les dénominations de : Ermites, Frères mineurs, Clarisses, Tertiaires, Jacobins, Minimes, Ser­vîtes, elc, ne saurait trouver place ici; pour quelques-unes de ces maisons, la nomenclature topographique a conservé la trace de leur emplacement (Carmes, Jacobins, Capucins, Augustins, Cordeliers, etc.).
W «L'Ave Marian : Béguinage fondé vers le milieu du xm° siècle; cette maison fut donnée par Louis Xl aux religieuses du Tiers-Ordre de Saint-François, dites sœurs de Sainte-Claire, qu'il fit venir de Metz. C'est à cette époque (i48o) que le couvent prit le nom d'Ace Maria, retenu jusqu'à nos jours par une rue ouverte sur l'emplacement de cette maison, dont le périmètre était circons­crit par les rues des Barres, du Fauconnier, Charlemagne et des Jardins-Saint-Paul.